POESIE D'AUJOURD'HUI

26 février 2006

Paul Tojean


CROYANCE


La nuit laisse choir son grand manteau de lune
Une brise légère effeuille des sentiments nostalgiques
Où de vieux peupliers frissonnent de concert.
Tandis qu'une femme élégante passe sur un pont dans un silence végétal
Un cervidé en rut brame au fond des bois dans une solitude effrénée.
O christs d'ébène et d'acajou
Il est des nuits semblables aux paroles étranges
Qui fredonnent les mêmes refrains en solitaire
Et s'agglutinent de prénoms féminins

A la langue complice.
Mais la nuit comme une verge décline trop vite.
Alors que la brume au matin s'étend et se consume
Une biche au grand air s'ébroue comme un encensoir
Puis disparaît subitement dans les bosquets...
Seule une traînée blanche creuse dans le ciel un large sillon
Dans la sérénité du jour retrouvé...
Après le passage d'un supersonique...

Promontoire désert.



LE SINGE BLANC

Le singe blanc s'offre une fois de plus en spectacle
Ses bras tendus vers les espaces aériens
Au sommet contestable
Font preuves de patience et de persévérance
Dans un monde insoucieux
Où les individus affranchis
Des principes moraux et des lois divines
Sont l'illustration de la totale perdition de l'Homme
Paroles proclamées du haut de son belvédère
Au soleil couchant
Ou s'affirme une vérité prophétique
De cette science rétrograde et gélatineuse
Aux arrière-pensées dûment entretenues
Que conditionne la morale conventionnelle
Des concepts archaïques et perméables
Devant des citoyens désabusés face aux discours politiciens
Et de perspectives aux promesses enfouies
Oublieuses d'atouts et de projets rénovateurs
Là où le singe blanc s'offre une fois de plus en spectacle
Dans un calcul savant à toute échappée d'émancipation. 

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